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M. Yves JEGO, ancien ministre, député-maire de Monterault-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) a remis aujourd’hui au Président de la République son rapport intitulé « En finir avec la mondialisation anonyme : la traçabilité au service des consommateurs et de l’emploi »

Le chef de l’État avait chargé M. JEGO, en octobre dernier, de définir les contours d’une nouvelle « Marque France » dans le respect des règles européennes, et en concertation étroite avec les entreprises concernées par cette question, les organisations professionnelles, les pouvoirs publics ainsi que les associations de consommateurs.

Le rapport propose la mise en place d’un marquage facultatif « Made in France » de 1 à 3 étoiles afin de valoriser les entreprises qui fabriquent l’essentiel de leur production en France ainsi qu’un label national « Qualité Origine France » servant de référence notamment à l’exportation. Sur le plan européen, Yves JEGO recommande d’imposer le marquage de l’origine nationale sur tous les produits mis en vente dans l’Union européenne et d’étendre le champ des « Indications géographiques protégées » (IGP) à certains produits non agricoles (porcelaine de Limoges, coutellerie de Laguiole…).

Convaincu de la nécessité d’informer le consommateur sur l’origine et la qualité des produits qu’il achète, le Président de la République a demandé à Yves JEGO, en lien avec Christian ESTROSI, ministre chargé de l’Industrie, de travailler, d’ici à la fin 2010, à la mise en œuvre opérationnelle des recommandations du rapport.

Téléchargez le rapport final sur le "Made in France" :

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Made in Monde, voilà ce que nous devrions lire sur de nombreux produits de consommation courante. La division internationale du travail rend à l’évidence aujourd’hui extrêmement complexe la traçabilité des marchandises et l’identification de leur origine principale.

La mondialisation est en effet anonyme. Il est rare que le consommateur ait accès à une information fiable sur la chaîne de fabrication et la provenance, ou du moins le lieu de dernière transformation substantielle d’un produit. Dans un contexte de prolifération des labels, des signes de qualité et autres mentions environnementales, le "Made in" semble avoir, temporairement, perdu la bataille des marquages. Peu protégé, rarement contrôlé, il s’appuie sur une réglementation européenne baroque dont l’interprétation même est controversée.

Cette situation mérite qu’on l’étudie de près, les enjeux sont de taille. L’absence de valorisation de l’origine est à la fois l’effet et l’une des causes de la mondialisation des processus de production et par conséquent de ses manifestations les plus douloureuses : délocalisations, dumping social. Sans indication de l’origine, impossible de reconnaître à leur juste valeur les entreprises qui font le choix de maintenir, tout ou partie de leur outil de production, sur le territoire national. Aveugle, le consommateur ne dispose pas de toute l’information qui pourrait, par exemple, justifier à ses yeux un éventuel écart de prix.

Qu’on ne s’y trompe pas : si l’utilisation du "made in France" est presque tombée en désuétude, ce n’est pas le fait d’un manque d’intérêt des consommateurs et des producteurs, mais bien au contraire de son inadaptation aux besoins et aux exigences des uns et des autres. Car la marque France a une valeur considérable. N’est-elle pas l’une des plus copiées, avec la contrefaçon massive des grandes marques qui est aussi une contrefaçon de l’art de vivre à la française que ces maisons incarnent ? Huit d’entre elles figurent dans le palmarès Interbrand des cent marques mondiales les plus fortes et les plus attractives. Et le désormais traditionnel classement des Etats par leur image de marque, si attendu et si commenté (Nation Brands Index, cabinet GFK Roper), place la France en deuxième position, derrière l’Allemagne (2008) et les Etats-Unis (2009).

La marque France, pour peu qu’elle soit intelligemment définie, codifiée et portée avec conviction, peut devenir un véritable vecteur de développement économique à l’intérieur de nos frontières comme à l’export. Espagne, Pays-Bas, Corée du Sud, Canada… : nombreux sont les Etats qui se sont déjà engagés dans la définition et la promotion de leur "marque-pays". Cette stratégie est aussi nécessaire en France. Par défaut, les entreprises, les organisations professionnelles et les nombreuses administrations publiques chargées du développement international de la France, avancent en ordre dispersé. Chacune doit, par la force des choses, inventer son nouveau label, parce que la différenciation, dans la bataille de la mondialisation, est capitale. La standardisation si caractéristique de la seconde moitié du XXe siècle ne permet pas d’exister dans une économie globale où les biens et les services circulent toujours plus librement.

"LE CONSOMMATEUR"

Il s’agit d’un mouvement structurel, même si la conjoncture lui sert de révélateur. N’est-ce pas le paradoxe des périodes de crise, qui fait que le consommateur, plus sensible encore au prix qu’en période de croissance, accorde aussi plus d’importance à d’autres considérations, notamment éthiques ou sociales ? En 1993, en pleine crise également, les chambres de commerce et d’industrie avaient lancé une campagne de communication qui fit florès : nos emplettes sont nos emplois. En 2010, les mêmes préoccupations existent, mais elles coïncident avec l’émergence de nouveaux comportements d’achat. Le consommateur veut la traçabilité pour des raisons sociales, environnementales (nos emplettes sont notre planète) et sanitaires (nos emplettes sont notre santé). Il souhaite en savoir plus sur le produit qu’il a sous les yeux ou du moins savoir, même s’il n’ira pas toujours chercher l’information, que celle-ci existe, qu’elle est disponible.

Désignée de manière frappante par le terme "consommacteur", cette attitude est déjà intégrée par de nombreuses entreprises. A titre d’exemple, un grand groupe de distribution a mis en place un affichage de l’empreinte carbone sur les produits de sa marque et travaille à la définition d’une "empreinte emploi". Une multinationale américaine, numéro un des boissons non alcoolisées – trois mille salariés dans l’hexagone – déploie son nouveau slogan dans les quotidiens et les magazines : "Made in France avec fierté".

C’est tout l’enjeu, sur notre marché intérieur, d’une marque France rénovée : par un label plus fiable, plus qualifiant et faisant l’objet d’une vraie politique d’attribution et de contrôle, donner au consommateur l’information qui lui manque aujourd’hui sur l’origine de ce qu’il achète, sur son impact social. N’est-ce pas lui, plutôt que la puissance publique, qui détient le levier le plus efficace pour valoriser les bonnes pratiques, les pratiques responsables ?

A l’export, notre pays et ses entreprises ont aussi besoin d’un concept fédérateur afin d’unifier des politiques trop dispersées. La marque France doit être ce concept, mais pour être conquérante, elle ne peut se contenter d’être la certification d’une origine nationale.

Faire rimer France avec transparence, c’est-à-dire la mise à disposition, en s’appuyant sur les nouvelles technologies, d’une information sanitaire, environnementale et sociale qui soit fiable et sincère, voilà qui enrichirait la marque France d’une signification très forte. Dans aucun autre pays du monde, les investissements des entreprises en matière de traçabilité n’ont été aussi importants. Pourquoi ne pas en faire un avantage compétitif ? Les consommateurs l’attendent, beaucoup d’entreprises également. A la France d’être pionnière dans ce domaine.

L’Elysée réfléchit à la création d’une marque France et l’ancien ministre Yves Jégo doit remettre en mars un rapport sur le sujet. Les publicitaires s’en emparent à leur tour.

il y a un an et demi, alors qu’il venait d’être nommé à la tête du service d’information du gouvernement (SIG), le communicant Thierry Saussez avait annoncé en fanfare son intention non seulement de « rationaliser la communication gouvernementale », mais aussi de doter la France de tous les éléments de communication moderne pour promouvoir ses atouts et ses valeurs. Bref, de mettre un peu d’ordre alors que de nombreuses structures publiques ou parapubliques, comme La Maison de la France ou Invest in France tentent de promouvoir des aspects de la marque France sans grande cohérence, ni concertation. Mais, aujourd’hui, « il n’y a rien de plus à dire sur le sujet », assure un conseiller du directeur du SIG, avant d’ajouter : « Des annonces seront faites dans les prochains mois. » « Le dossier suit son cours », confirme-t-on du côté de Matignon, sans plus de détails. « Un actif fondamental »

La réponse pourrait venir d’Yves Jégo. En novembre, l’ancien ministre de l’Outre-mer s’est vu confier par Nicolas Sarkozy une mission de réflexion sur la création d’une marque France, dans le but à la fois d’en faire un argument de vente et de rassurer les consommateurs de l’Hexagone sur les produits qu’ils achètent. Un rapport doit être remis au mois de mars. « L’image de la France doit être travaillée comme une véritable marque, assure-t-il. Aujourd’hui, elle n’existe pas. Il faut lui donner du contenu. Parmi les propositions auxquelles je réfléchis figure l’idée d’un label Made In France qui engloberait l’industrie, les services et le tourisme. »

Le concept pourrait aller jusqu’à créer des éléments de marque, avec ses attributs en communication et en marketing. Loin, très loin de la campagne « J’aime la France » commandée par Lionel Jospin à Havas en 2002, où Woody Allen, Claudia Cardinale et Julio Iglesias clamaient leur amour pour notre pays, dans un spot orchestré par Jacques Séguéla.

« Derrière la marque France, poursuit Yves Jégo, je mets une forme de qualité et de transparence, de traçabilité. Il faut dépasser l’image habituelle de luxe et d’art de vivre et montrer collectivement dans quels domaines nous sommes les plus forts. Pour le moment, il y a un vrai problème de communication et de vente de la marque France. » Il devrait recommander au président de la République la création d’une structure globale qui gère un label Made In France, reconnu par la loi, et lui donne les moyens de le promouvoir en termes publicitaires.

Pour les spécialistes de la communication, l’enjeu est de taille. « L’image de marque des pays joue un rôle de plus en plus décisif, estime Denis Gancel, président de l’agence W & Cie, spécialisée dans la gestion de marques. Ce sujet est source de valeur et d’emplois. La marque France est un actif fondamental. Nous sommes l’un des pays les mieux placés au monde, mais il faut faire de la pédagogie. Cela passe par de grandes campagnes à la fois internes et externes, en empruntant les principes de la technique de vente. »

Il sait de quoi il parle : son agence pilote actuellement une étude conduite par Viavoice sur la perception par les Français de la marque France, qui sera rendue publique début mars. Avec quelques surprises à la clef : « Alors que la France vue par les étrangers apparaît comme l’une des zones les plus attractives du monde, les Français sont parmi les premiers à en véhiculer une image négative. » Travailler sur l’image globale

Troublant. Et surtout embarrassant. Comme toute marque, celle d’un pays ne peut exister que si elle est connue, aimée et choisie à la fois par un public externe… et interne. On imagine mal L’Oréal ou Danone parvenir à convaincre le monde entier de la qualité de leurs produits si leurs milliers de salariés prêchent le contraire. Et Denis Gancel n’hésite pas à analyser l’échec de la vente de centrales EPR à Abu Dhabi comme un signe de la maladresse des industriels français à vendre la marque France, à la différence de la Corée, l’Inde ou la Chine. « Par-delà les mots, il y a un véritable travail de communication à faire sur l’image globale du pays, qui dépasse le " Made in France ". Dans toute marque, le moteur, c’est la fierté d’appartenance », décrypte Denis Gancel.

Mais trouver le bon positionnement ne sera pas facile. « Il faut être vigilant à ne pas faire sur le sujet une communication gouvernementale. La France ne se réduit pas à Marianne et au drapeau bleu-blanc-rouge. Mieux vaut se positionner dans la " coolitude " » , juge Eric Hélias, coprésident de Young & Rubicam. Denis Gancel surenchérit : « La notion de patrie est trop connotée historiquement. On ne peut l’utiliser sans s’exposer. » Même si, déjà, parler en termes de marque est une manière moderne pour un Etat d’évoquer ses atouts, en s’affranchissant des scories de l’histoire.

Une ambition peut en remplacer une autre. Yves Jego s’est retiré la semaine dernière de la course à l’investiture pour la tête de liste UMP aux régionales en Ile-de-France, mais il s’est déjà lancé un nouveau défi : « Structurer la gauche de la droite. » Le secrétaire d’État à l’Outre-Mer, sarkozyste de la première heure, revendique une proximité intellectuelle ancienne avec le gaullisme social version Séguin-Fillon. Il trouve aujourd’hui que cette sensibilité « souffre d’un déficit de visibilité » par rapport aux libéraux, auxquels il reproche « un discours parfois caricatural, alors que la politique de Nicolas Sarkozy, elle, est équilibrée ».

Yves Jégo n’a ni l’ambition ni les moyens de contrebalancer l’influence des Réformateurs d’Hervé Novelli, qui sont plus d’une centaine au Parlement. La structure informelle qu’il a développée sur Internet à partir de son site, nouvelle-société.com, compte environ « 12 000 adhérents, recrutés pour la plupart pendant la campagne présidentielle ». À l’Assemblée et au Sénat, il affirme disposer d’un réseau « d’une soixantaine d’élus, dont trente assidus » à ses réunions.

Ce n’est pas suffisant pour donner une existence médiatique au « pôle social de la majorité ». D’où les invitations qu’il a lancées à des personnalités détentrices du label pour les persuader de monter ensemble un « G7 social ». Fin août, Yves Jégo a participé à l’université du Parti radical à Montélimar. En rentrant à Paris avec Jean-Louis Borloo, il s’est entretenu avec le président des Valoisiens des moyens de structurer « l’aile gauche » de la majorité. « La démarche nous intéresse », affirme-t-on dans l’entourage du ministre du Développement durable, sans plus de précision sur les projets communs des deux hommes.

Les dépouilles de l’ex-UDF

Chez les centristes, l’accueil est mitigé. François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée, a expliqué hier au Figaro : « J’ai répondu oui à l’invitation d’Yves Jego, mais il n’est pas question, pour moi, de laisser instrumentaliser le Nouveau Centre, ni de l’enfermer dans une relation exclusive avec tel ou tel sous-groupe de l’UMP. » La semaine dernière, il a tenu le même discours à Hervé Novelli, qui avait tenté un rapprochement sur des bases libérales avec Hervé Morin, président du NC. Alors que le partage des dépouilles de l’ex-UDF bat son plein, François Sauvadet considère qu’il faut avant tout défendre l’autonomie du Nouveau Centre. Yves Jégo, au contraire, estime que le rapprochement probable à moyen terme entre François Bayrou et les sociaux-démocrates du PS impose aux représentants du centre droit de s’unir.

Le député Yves Jégo a constitué sur le Web un réseau de 250000 cyber-sympathisants de Nicolas Sarkozy.

Depuis le 6 mai, ceux-ci forment en « jegolangue », « le pôle société civile de la majorité », réuni sur www.nouvelle-societe.com

« L’idée est d’utiliser ce réseau décentralisé pour faire remonter des idées nouvelles, tester des propositions grandeur nature, faire de la pédagogie de la réforme. » Un propos qui rappelle étrangement Désirs d’avenir et la Ségosphère.

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